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Ce blog s'adresse à des passionnés de voyages. Nous voyageons principalement en vélo et vous trouverez ici nos principales escapades à dater de 2008. Pour vous y retrouver, voyez le menu à gauche, le plus simple étant de cliquer sur le pays désiré sur la carte

Bonne visite, plus ce blog sera lu, plus il aura le goût d'une saveur partagée.

 

15 mars 2026  :

voilà, tout vient à point à qui sait attendre : j'ai terminé la mise à jour de notre récent voyage en Oman, photos incluses. Et je suis entrain d'écrire l'article concernant la Tanzanie de cet été (ouiiii, je sais que j'ai beaucoup de retard). Si vous passez d'ici une quinzaine de jours, j'espère que ce sera terminé ! Parceque je n'ai pas que ça à faire, hein, il fait beau !!!!!

 

Tout juste rentrés, dans  la maison flotte déjà une odeur d'encens de Salalah, cette région du sud d'Oman, une région où ne ne sommes pas allés par manque de temps, et puis...il faut toujours en garder un peu pour la prochaine fois.  Ce n'est pas si facile de rentrer d'un pays que l'on a adoré, de reprendre ce que certains appellent " la vraie vie", quelle blague ! Alors on se console en pensant qu'il y aura sans doute une prochaine  fois.

En Oman, nous avons suivi des pistes de gravier sans fin, gravi des pentes qui mettaient nos jambes à l’épreuve, et pénétré un désert de dunes où la solitude, d’une beauté presque irréelle, s’étendait à perte de vue. 

Un voyage riche d’enseignements, de beauté et de gratitude. Car on ne rentre pas seulement avec des étoiles plein les yeux — tant le pays est splendide — mais aussi avec le cœur profondément rempli de reconnaissance. Reconnaissance pour celles et ceux qui offrent de l’eau, des dattes, un toit, un café, un repas ; pour ceux qui s’arrêtent simplement à ta hauteur, le temps de s’assurer que tout va bien, juste pour le plaisir d’échanger avec un cycliste de passage. Les Omanais sont fiers de leur pays, et ils peuvent l’être. Ils peuvent aussi être fiers d’eux-mêmes. Merci à tous. Au fond, c’est tout cela que nous rapportons avec nous. Et c’est exactement ce qui nous rappelle, encore et toujours, pourquoi nous roulons.

Alors, maintenant que j'ai un peu plus de temps, que la poussière des pistes est retombée, que les  jambes ont arrêté de brûler, les souvenirs commencent à prendre une saveur encore meilleure, je vais tenter  de raconter un peu comment nous avons vécu ce dernier mois.

En fait, nous avions prévu d'aller aux Canaries, à Ténérife et à La Gomera plus précisément, pour engranger quelques cols que nous avions laissés ( nous sommes allés 2 fois aux Canaries, une fois avec les copains en 2006 et une autre fois en 2023 ). Et puis, j'ai trop tardé à réserver nos billets... Quand j’annonce à Bru que les prix des billets d’avion ont atteint des sommets pour cette destination, il me lance : et pourquoi ne pas aller à Oman ? Quoi ? Oman ? Mais qu'est ce que tu veux aller foutre à Oman ? J'associe Oman à une des pétromonarchies du golfe et je n'ai aucune fichtre envie d'y foutre les pieds, mais il développe son argumentation, et puis, nous avions adoré voyager au Yemen et le Yemen a une frontière commune avec Oman, alors go ! (Je simplifie un peu...). Bien entendu, quand on s'y prend au dernier moment, c'est un peu galère pour trouver la compagnie ad hoc qui ne fait pas de soucis avec les vélos. Le meilleur vol pour nous sera donc avec Turkish airways, atterissage Dubaï, retour de Mascate. Ma foi, Dubaï, on sait bien ce que ça veut dire, ville parfaitement débile à ce que l'on en sait, population essentiellemnt immigrée au service des riches, et puis, repaire des narcotrafiquants, des repris de justice, des influenceurs, bref que du beau monde. Comme nous arrivons à 2 heures du mat, nous avons réservé un hôtel qui nous accepte sans souci à ... 4 H. Devant la porte, une voiture au look totalement futuriste, celle du patron ? Dans l'ascenceur 2 jeunes filles dans une "tenue" hyper provocante qui ne laisse aucun doute sur leur métier...Bref, cela peut arriver partout, mais là, ça démarre fort !

Nous nous installons pour 2 nuits  au 17ème étage d'une tour, vue imprenable sur les autoroutes à 2 fois 6 voies, on se demande bien comment on va quitter cet enfer. Un peu reposés et les vélos remontés, on va faire un tour pour voir un peu comment cela se passe. Chance, une piste cyclable non loin de notre immeuble nous permet de nous déplacer sans encombre sur quelques km. Notre but : aller jusqu'au pied de la plus haute tour au monde, un monstre de verre et d'acier, 828 m quand même, 168 étages. Les 10 derniers étages seraient occupés par l'hôtel Armani. Bref, déja une idée de la démesure... ! En fait à son pied, ce n'est pas si impressionnant que ça, car cette tour gigantesque est entourée de batîments très hauts eux aussi !

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                                                     2 barbots posant devant le Burj Khalifa (828m, plus haute tour du monde)

 

Pour  arriver au burj Khalifa, (c'est loin de notre hôtel), nous avons utilisé  des ascenceurs, faisant fi de la mention "interdit aux cyclistes" (va t en savoir pourquoi car super pratiques). Par un ingénieux système de ponts et d'ascenceurs, on peut  traverser les routes à fort trafic et même les autoroutes.

Nous avons aussi mangé au KFC, la honte ! ils n'ont même pas des nanas qui font à manger dans les rues, hi hi hi, l'Afrique que nous aimons tant est bien loin, c'est sûr. Nous avons aussi roulé sur les trottoirs, qui sont carrément surdimentionnés. Nous sommes rentrés de nuit, sans souci, tout est éclairé, archi éclairé, même les cascades artificielles.

                                             

Le lendemain nous allons voir à quoi ressemble la plage. Franchement, à rien ! C'est moche, pas d'arbre, pas d'ombre, une cata...surtout quand on a vu les plages d'Asie ou de la République dominicaine, blasés que nous sommes !

Les émirats arabes unis ne nous ont jamais fait rêver. Verdict honnête : nous sommes contents d’avoir vu cette démesure, et tout aussi contents  de la quitter. Ce n’est clairement pas notre univers. Une catastrophe écologique et puis, trop de luxe tapageur, trop de voitures rutilantes filant sur des autoroutes à douze voies, deux jours entourés de gratte-ciel nous ont largement suffi.

Nous quittons enfin cet enfer urbanisé par une piste cyclable (ouf) que nous galérons à trouver  et  nous retrouvons  à l'abri des voitures. Un arrêt au "love lake", où tout le monde vient prendre l'air et échapper aux tourments de cette méga ville qu'est DubaÏ et se faire photographier devant le panneau ad hoc. Nous les imitons tels des beaufs en goguette. Puis nous allons poser la tente quelques km plus loin, dans le désert. C'est magnifique dans la lumière du soir, une soupe, un feu de camp et bonne nuit les petits amis. C'est sans compter sur l'équipe de couillons qui arrivent en 4 X 4. Apparemment, c'est leur truc de faire des rodéos dans le sable la nuit. On sait bien que l'argent n'a jamais rendu intelligent, mais là, dans la connerie, on atteint des sommets !

Bon, dès que ça se calme, nous nous endormons comme des bébés.

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Nous reprenons  la piste qui est agréable pour rouler, mais bordée par une ligne haute tension. Même en cas de tempête de sable, on ne se perdrait pas, et puis nous arrivons....sur l'autoroute. Je la fais courte, parcequ'il n'y a pas grand chose à raconter sur cette partie, l'autoroute c'est pas bien palpitant, mais on n'a pas le choix, aucune alternative, nous sommes entourés de sable. Comme si une malédiction ne suffisait pas, on a un putain de vent de face qui ne faiblit pas. On finit par arriver à la frontière, après un peu moins de 150 bornes et une nuit dans un hôtel d'Al Ain. On  a eu un peu la trouille sur ce trajet, pas trop à cause du trafic car nous avons roulé sur une large bande d'arrêt d'urgence, mais on a eu peur de se faire pincer  car il est rigouteusement interdit de rouler à vélo sur l'autoroute aux Emirats. On n'a vu aucun flic, et en chemin, notemment dans les stations service, nous avons fait quelques belles rencontres : des Indiens, des Pakistanais, des Philippins, des Bengalis, des Éthiopiens, des Tunisiens…Ils bossent sur des chantiers, dans des comerces, ils sont serveurs, plongeurs...ou  ils entrainent les dromadaires à la course (on pratique ici la course de dromadaires, comme chez nous la course de bourrins, sauf qu'ici les jockeys sont des robots. Non, ce n'est pas une blague).

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Et les Émiratis ? Aucun. Zéro. Nada 
Il faut dire que 90 % des habitants de Dubaï sont des expatriés. Ah si, on en a vu dans une station service où nous nous sommes arrêtés pour boire un café, assis par terre tels les clodos. Inutile de dire que ce n'est pas la meilleure manière d'attirer la sympathie d'émiratis, ils nous ont largement ignorés.
Oui, d’accord, nous sommes un peu critiques. Voire légèrement grincheux. La preuve ultime : nous ne sommes même pas allés skier à Dubaï city. Parce que, sérieusement… skier dans un centre commercial alors qu’il fait 28 degrés dehors ? Vous y croyez, vous ?

 

Oman : changement d'ambiance immédiat. La différence saute aux yeux. C'est moins propre, plus bordélique, il y a nettement moins de circulation. Nous allons acheter une carte SIM dans une station service, et nous faisons 2 belles rencontres : un cycliste chinois, il baragouine seulement quelques mots d'anglais. Il ne sait pas trop jusqu'où il va, mais il sait d'où il vient : sa Chine natale ! Tout à vélo, il a subi toute la bureaucratie des pays en Stan, et est arrivé là. Bravo. Et puis un énigmatique Yéménite haut en couleurs. Parti du Yemen, il a déja parcouru Arabie saoudite et Emirats, à pied avec 3 chameaux qui portent son barda ! Seul le voyage alternatif permet ce genre de contacts, nous passons un bon moment tous ensemble !

 

 

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Après avoir pédalé toute la journée contre un vent qui semblait nous en vouloir personnellement, nous avons enfin posé nos vélos dans un coin abrité, devant un gros tas de gravier.  Installer notre petit nid, faire cuire une soupe en sachet… et savourer enfin cette chaleur réconfortante, ça mérite presque un diplôme d’aventurier !
Les flics passent dans la soirée pour s'assurer que tout va bien. 

Les jours suivants se passent sur de petites routes bien sympa,  impeccables et paysages magnifiques. Mais le vent est une plaie.
Tous les cyclistes vous le diront : le vent ne souffle que dans une direction… droit dans votre face ! En Oman, il a été furieux ces derniers jours, et aujourd’hui, nous sommes entrain de chercher un petit restau (ça s'appelle coffee shop ici, on y mange convenablement ) lorsqu' Hilal  passe  en voiture à notre niveau. Il nous invite à venir dormir chez lui car la météo annonce de la pluie et selon lui, si nous continuons, nous allons être coincés par les crues des rivières. Hilal est chauffeur dans une entreprise de pétrole, il n'est  pas hyper riche, mais il habite dans une très belle maison où nous sommes reçus comme des rois. Il nous installe dans une magnifique pièce, dans laquelle la bonne a déja installé le café et les dattes. Tapis partout, banquettes, immenses lustres, salle de bains de pachas, la totale.  Nous prenons possession des lieux, puis Hilal nous propose de nous faire découvrir les environs en voiture.  Visite très intéressante, du fait qu'Hilal est né ici. Avant, les gens vivaient dans une immense palmeraie, mais à cause de la sécheresse, les arbres crèvent et la petite ville s'est déplacée. Dans la soirée, Bruno se rend compte qu'il a perdu ses lunettes, on frappe à la porte, Hilal n'est pas là, il est parti prier, mais sa femme nous reçoit (sans cela, nous ne l'aurions sans doute jamais vue, on ne voit pas beaucoup les femmes en Oman, pourtant c'est une femme éduquée qui enseigne au lycée). Bref, coup de fil à Hilal, qui va refaire dans l'obscurité tout le circuit que l'on a fait ensemble de jour et il retrouve les lunettes.

Le lendemain, le ciel est tout noir, Hilal nous déconseille à la fois de partir et aussi de prendre la route sur laquelle nous voulions aller car les rivières seront en crue sous peu nous répète t'il. Soit nous restons chez lui 4 jours, soit  Il nous emmène en dehors de la zone inondable, dans un hôtel à une quarantaine de kilomètres. Nous choisissons la 2ème option. A peine arrivés, ce n'est pas de la pluie qui tombe, mais des trombes d'eau. Merci Hilal ! il nous a évité de nous retrouver en galère. Il pleut à verse tout l'après midi, avec un vent infernal, et en un rien de temps, les rues sont totalemenrt inondées. Le lendemain le soleil est à nouveau là, nous pouvons rouler mais il nous faut  évitant les énormes flaques d'eau qui se sont formées un peu partout. Nous commençons alors à prendre pas mal d'altitude et posons la tente n'iporte où, sauf un soir où par  flemme,  nous sommes accueillis  dans la mosquée d'un petit village. Cool.

(De retour à la maison après ce voyage, nous recevons d'Hilal une vidéo montrant les restes de sa maison. Tout a entièrement brûlé, suite à un problème électrique. Nous reconnaissons à peine notre palace...Heureusement, cela s'est passé dans la journée, personne n'était là et toute la famille est saine et sauve, mais quelle tristesse ! )

Nous arrivons maintenant dans le petit village de Al-Ayn où se dressent sur une crête des tombes en ruche de 3000 ans avant J.C
Il s’agit d’un ensemble de 21 tombeaux à coupole qui restent étonnamment préservés malgré les offensives de l’érosion et des conditions climatiques difficiles.
Beaucoup sont encore debout sans qu’aucun travail de restauration ou de préservation n’ait été effectué, une robustesse due à leurs structures hautes et en forme de dôme qui les rendent résistantes aux vents violents, aux fortes pluies et aux tremblements de terre. Vraiment sympa à voir.

On a toujours voyagé comme ça, sans itinéraire vraiment établi, on se contente d'étudier vaguement une carte à la maison, et une fois sur place, on avance, et puis, tout à coup, il y en a un qui lâche : « Tiens… ce serait cool d’aller là ». 
Aujourd’hui, c’est moi qui dis : allez, on prend cette piste. Une piste stabilisée, donc théoriquement roulante. Théoriquement seulement, parce qu’avec des rampes à plus de 20 %, elle s’emploie surtout à prouver le contraire.
Il y a un détail que je dois préciser : je suis têtue, et j’ai une relation compliquée avec le demi-tour.
 Alors là, tu ne râles pas. Tu ne fais pas la maligne. Tu pousses ton vélo chargé comme une mule, tu avances, et tu fais comme si tout était parfaitement normal.
Tu souris même quand ton amoureux te prend en photo. Un sourire maîtrisé.
Un Omanais passe en pick-up, s’arrête, et nous propose de nous charger, vélos compris, parce que la montée ne va clairement pas s’arranger dit il. 
Et moi, très calmement : « Non merci, ça va aller. »
Non merci, ça va aller. 
Mais quelle bécasse je fais ! Cette piste est une dinguerie, nous  posons la tente dans un des rares endroits plats. Alors que nous préparons la soupe, un 4x4 de touristes s'installe à côté, nous n'échangerons pas une parole. Peut être les dérange t'on car ils se filment avec un drône, peut être faisons nous tache ! En tout cas, cela ne nous empêche pas  de passer une très bonne nuit, il commence à faire un peu frais sur les hauteurs. Le lendemain, même scénario de pédale,  la piste est monstre raide, vaincue après plusieurs séances de poussage.  On finit par arriver sur du goudron. On se pose dans le coffee shop, un gars du Bengladesh gère ce petit établissement et il nous prépare un repas de lentilles, comme là bas ! Nous sommes un peu indécis pour la suite, car nous savons que la route est encore très raide et on est déja un peu cuits par la matinée difficile. Ahmed arrive, et nous voyant hésitants propose de nous loger dans sa petite guest house, nous vantant le coucher de soleil qui parait il est fabuleux ici. Nous nous laissons faire, ce sera plus cool demain avec une bonne nuit dans un lit. C'est vrai, le coucher de soleil est chouette mais de courte durée. Nous ne regretterons pas cette halte improvisée qui nous  a permis de bien nous reposer avant d'attaquer le gros morceau du lendemain. Putain, c'est très très raide et pas tout goudronné, une bonne partie est encore en travaux, mais nous finissons par arriver au sommet assez tôt pour aller faire une balade à pied, le balcony walk. Puis nous posons la tente dans un endroit fantastique, au dessus d'un impressionnant canyon. Nous sommes à environ 2000 m d'altitude et la nuit  sera très froide, mais j'ai eu l'idée lumineuse d'emprunter une grosse couverture à Amed, j'ai circulé avec un gros baluchon pas trop lourd sur le porte bagage. Nous dormons bien blottis l'un contre l'autre  sous la couverture, et passons une nuit de rêve, dans un environnement des plus calmes. Faut juste ne pas être somnambule quand tu dors dans un endroit pareil car la chute n'y est pas permise...

Nous redescendons de la montagne, allons poser la couverture chez Amed et faisons escale à Al Hamra. Comme Al Hamra est un village très touristique, nous avons un peu du mal à nous loger et trouvons une guest house vraiment  pas géniale et infestée de  moustiques. C'est le soir de Noël ! Nous allons faire bombance dans un restau yéménite, où nous bouffons des brochettes de chameau, c'est sympa de passer Noël comme ça, en tout cas pour nous. 

Le jour suivant la route est très passante, nous regrettons vraiment notre piste chaotique, mais  sans problème, nous arrivons juste à temps à Nizwa un mercredi, et demain, c'est le marché aux animaux qui est hebdomadaire. C'est le parfait timing !

 

J’étais persuadée qu’elle dirait non…
Une journée sans vélo, donc, consacrée à la découverte de Nizwa. Nous avons adoré. Pas tant la ville, car très touristique et un fort tellement retapé qu'on le croirait neuf. Les touristes adorent, nous moins. Mais le marché, lui est extraordinaire, avec principalement un commerce de chèvres et de moutons. Super belle ambiance. De mon côté, je me suis régalée à capturer quelques images.
En Oman, les hommes acceptent volontiers de se faire photographier, ils en sont même très fiers. Les femmes, en revanche, sont peu visibles, et je n’ose presque jamais les aborder.
Alia est l’une des rares femmes présentes ce jour-là. Elle porte sur le visage un masque traditionnel en tissu noir, empreint de mystère. Nous échangeons quelques mots, puis je lui demande si elle accepterait de poser pour une photo avec moi.
Elle sourit et me répond simplement :
« Oui, pas de problème, mais je te demande de ne pas gagner d’argent avec cette photo. »
Sa réponse, à la fois digne et sincère, m’a profondément touchée. Je suis heureuse d’avoir partagé avec elle ce moment suspendu, fait de respect, de confiance et de pudeur.
Merci, Alia.

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Cette journée de repos nous a fait du bien, nous repartons gaillardement. Nous empruntons des pistes très caillouteuses pour arriver à la porte du désert de Wahiba. Les locaux sont vraiment hyper gentils, nous offrant boisson, dattes.... Nous sommes souvent obligés de refuser, car nous serions trop chargés. Une voiture arrive à fond vers nous, elle est conduite par un Ahmed, un gamin de 14 ans, qui emmène sa mère et ses frères et soeurs à une fête de famille. Ils veulent nous embarquer ! Quand 30 km plus loin, on est toujours dans ce gravier profond, on se dit qu'on aurait peut être dû accepter, hi hi hi.

Nous nous échappons par une route goudronnée et arrivons aux portes du désert. Nous avons besoin d'une douche avant de nous rendre dans le sable, aussi, nous dormons dans un hôtel, pas terrible, mais bon, que ne ferait on pas pour une douche. Et là, alors qu'on se rend au restau, on se retrouve dans une pièce relativement sombre avec des tacs de mecs totalement bourrés qui sont entrain de boire des bières ! Nous détestons ces ambiances alcoolisées, mais nous prenons quand même une bière une fois que nous sommes à table. Ce sera la seule de tout le voyage. La nuit est torride, des gens qui beuglent, vont et viennent, prostituées ? on ne saura pas, mais nousne sommes pas mécontents de quitter ce lieu.

Très vite, nous voici, dans le désert, avec la route qui s'arrête net, faisant place à une piste de sable que nous ne pouvons plus pédaler. Alors, nous faisons un pic nic sous un acacia et commençons à pousser les vélos. Nous poussons entre 3 et 4 kilomères. Le paysage devient de plus en plus beau, il y a déjà des dunes...mais nous aimerions encore mieux pour la nuit. Et là, nous tombons sur  3 baraques de bédouins. Rim, une jeune bédouine, nouis aborde et nous propose de monter dans son 4x4, elle va visiter ses chèvres et ses dromadaires. Nous acceptons bien sûr, et après avoir vu ses animaux, et qu'un jeune chevreau m'ait pissé dessus, nous continuons dans des dunes de rêve. Rim nous pose là, au milieu des dunes, promettant de venir nous rechercher demain matin.  Nous prions pour qu'elle revienne nous chercher ( nous sommes vraiment en plein désert pour le coup..., vraiment loin de tout) et surtout qu'elle se calme au retour car elle conduit comme une dingue !

La tente montée, il n'y a pas un brin de vent, c'est magique, nous faisons une petite balade dans les dunes alentour, puis assistons à un coucher de soleil fantastique. Après un petit repas rapide, c'est dodo. Une nuit évidemment géniale, dans un silence comme on n'en connait plus.

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Au petit matin, Rim et ses enfants reviennent nous chercher et pendant que les enfants s'amusent à pousser nos vélos dans le sable, nous buvons le café que Rim nous a apporté, ainsi que divers friandises, cette femme est géniale. Retour sur la route principale en prenant une piste moins accidentée, ouf. C'est le départ pour le Wadi beni Khalid, un des plus réputés d'Oman. La route qui y mène est un régal pour les yeux ! mais bien sûr toujours très raide.

Avec une soixantaine de wadis répartis sur tout le territoire, la découverte du sultanat d’Oman passe forcément par l’un d’entre eux. Signifiant à la fois « cours d’eau » et « vallée » en arabe, les wadis sont indissociables des montagnes omanaises. Traçant des sillons depuis les hauts plateaux arides, certains wadis sont jalonnés de piscines naturelles et de vieux villages souvent abandonnés : tantôt étroits, tantôt en amphithéâtres de roche à ciel ouvert les wadis forment des réservoirs d’eau claire où il est possible de se baigner et ou se développent des palmeraies.

Ils se trouvent surtout au pied des montagnes de l’Hajar, parfois en bord de mer. Indispensables pour l’agriculture et l’élevage, ils permettent l’irrigation des cultures d’une multitude de fruits et de palmiers dattiers.

Nous sommes plutôt déçus par celui ci, car victime de sa beauté, il est très fréquenté, et du coup super aménagé par des ponts, des escaliers, des passerelles...., un restaurant  a été construit à son pied et des travaux tout autour, bref, tout ce que l'on n'aime pas. Apparemment, nous sommes les seuls à ne pas apprécier. 

La route qui traverse la chaîne de montagnes qui nous sépare de la côte est absolument indescriptible. En fait, elle est encore à l'état de construction, c'est une mauvaise piste archi pentue, il n'y a aucun endroit pour camper.

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Ce n'est qu'après avoir passé un col à plus de 2000 m que nous trouvons une petite mosquée et une pièce attenante où nous pouvons dormir. Nous nous y engouffrons, il fait un froid polaire et le vent hurlera toute la nuit. Contents d'être à l'abri. Le vent entre quand même un peu car il n'y a pas de vitres aux fenêtres, seulement des volets. Petit repas gastronomique cuisiné par mon chef étoilé, specialiste de la soupe en sachets. Nous avons un immense réservoir d'eau juste devant la porte, on aura même une tisane. Le lendemain matin, muesli, thé à volonté puis café en attendant que le vent diminue et qu'il fasse moins froid. Au moment où nous allons partir, passe Ali et son 4x4. Il propose de nous charger. Ah, ben, sûr que non, car aujourdhui, nous devons perdre 2000 m de dénivelé, alors évidemment qu'on va les descendre à vélo. Nous partons alors que le soleil est bien là, mais il fait toujours froid, nous roulons tout habillés, je ne quitte la doudoune qu'après avoir perdu un gros dénivelé.

Dans un voyage à vélo, il y a parfois des journées miraculeuses. Celles qu’on classe dans la catégorie “fingers in the nose”. Le GPS, imperturbable, annonce : 34 km et –2160 m de dénivelé. Une invitation à se laisser glisser, portés par la gravité et une certaine idée du bonheur.
Évidemment, pour éviter l’ennui — ce fléau du cycliste trop gâté — quelques remontées se sont glissées dans le parcours. De petites piqûres de rappel, histoire de mériter sa joie. Car le décor, lui, est indécent de beauté. Tout autour de nous, des collines minérales, souveraines. Une nature majestueuse qui semble avoir été posée là uniquement pour nous. Le silence est presque total. Bilan circulation : cinq 4x4 pendant toute la descente. Autant dire rien. On roule, on regarde, on s’arrête, on photographie. On a le temps. Le vrai luxe.
Certaines pentes sont si abruptes qu’elles ont été bétonnées, mais pas n’importe comment : un béton très très rugueux. Le genre qui interdit toute pensée parasite. Surtout celle d’un frein capricieux ou d’une chute qui transformerait notre carrosserie en œuvre abstraite. À ce moment-là, on serre les leviers, on serre les dents…., ce n'est pas le moment de chuter.
On arrive au niveau de la mer avec les mains un peu crispées, le sourire large, et cette évidence qui revient, encore et encore :
Wahou. Mais quel pays, Oman !

Nous continuons maintenant au bord de l'océan, et arrivons dans des lieux touristiques, comme le Wadi Tiwi et à peine plus loin le wadi Shab. Ce doit être chouette de s'avancer dans ces vallées, mais on n'a plus que quelques jours devant nous (l'inconvénient d'avoir un billet d'avion retour), il faudra revenir !

Nous rencontrons Alessandro, jeune cyclotouriste, roulons un peu ensemble et lorsque nos chemins se séparent, nous décidons de nous retrouver à Mascate pour la dernière soirée du voyage, plus que 4 dodos dans ce pays. Nous arrivons dans la petite ville de Quyarat et posons la tente dans un jardin public, à 3 tours de roue du marché aux poissons que nous voulons voir le lendemain. Peu après la tombée de la nuie, un feu d'artifice assez important est tiré, il nous plaît de penser que c'est pour célébrer notre arrivée, mais ce ne doit pas être ça ! Le marché aux poissons s'avère très décevant, apparemment lorsqu'il y a trop de vent, les bateaux ne sortent pas... Par contre, nous faisons une super rencontre, Rachid, qui insiste pour nous emmener prendre le petit déjeuner chez lui. Il charge les vélos dans la benne du pick up car il habite relativement loin. Nous sommes reçus comme des rois, nous prenons le petit déjeuner assis sur un tapis dans le jardin. Rachid est assez surpris de ce que nous faisons et est très à l'aise avec nous, d'ailleurs il nous appelle "mes parents". Bref, invitation est faite de revenir, et c'est sûr que nous serons accueillis en pension complète tant que nous voudrons... L'avant dernière journée de pédale s'avère être la plus chaude. Vers midi, nous arrivons dans un patelin et un gars insiste pour que nous acceptions une boisson. Puis nous nous posons à l'ombre sur des marches d'escalier, à côté d'une épicerie. Nous sommes indécis : acheter de quoi pique niquer ou aller dans un petit restau à quelques km où nous pourrions profiter d'un moment de fraicheur sous la clim. Un gars arrive, nous nous saluons, il entre dans l'épicerie et sort avec 2 sacs remplis de victuailles : un pour lui, l'autre pour nous. Nous tentons de refuser, mais devant son insistance, nous ouvrons le paquet sur la table du petit restau : avalanche de produits : fruits, biscuits en tout genre, chips, yaourts, boissons sucrées, cafés glacés etc...Nous a t'il pris pour des nécessiteux ou a t il simplement voulu  faire plaisir, nous ne le saurons jamais.

Notre dernière nuit de camping se fera tout près d'un petit village, et nos derniers 20 km de piste sont hyper agréables, mais ont déja le goût de la fin. Une crevaison pour Bruno, la seule du voyage, réparation rapide, et ce sont les derniers kil., sur du goudron cette fois et en montée, avec de très très belles vues sur l'océan. Alors, deux individus crasseux en diable débarquent à vélo dans Mascate et (complètement assumés), se font immortaliser devant le palais du Sultan. L’état général de l’équipe est comment dire….discutable, mais chaque coup de pédale en valait vraiment la peine. Émus, heureux, déjà un peu tristes que ce soit fini.

P.S : le Sultan a son yacht dans la marina, nous, nos vélos, notre odeur et les cuisses explosées. Qui s’amuse le plus ? 

Nous trouvons par hasard un petit hotel très bien placé, près de la marina.. Nettoyage des vélos et et empaquetage dans des bâches que nous trouvons au souk. Comme d'hab quand nous rentrons d'une virée à vélo, nos paquetages nous font honte, mais ouf, une bonne chose de faite.

Visiter la Grande Mosquée du Sultan Qaboos à Mascate, c’est rencontrer deux stars : le grand tapis de prière et le chandelier. Le tapis mesure 70 m sur 60, pèse 21 tonnes, compte 1,7 milliard de nœuds… Le chandelier, lui, mesure 14 m, pèse 8 tonnes et brille avec 600 000 cristaux Swarovski… autant dire qu’il vous écrase par sa seule présence. Une entreprise suisse vient une fois par an pour le nettoyer. Entre les dômes majestueux et les colonnes sculptées, on sort de là un peu ébloui, très petit… et totalement impressionné par le sens réel de « grandiose ».
J’ai voulu faire une photo de moi , évidemment tête couverte pour respecter la mosquée. Sauf que mon foulard joue à l’acrobate incontrôlable : il glisse, se déploie, menace de s’enfuir à tout moment.
Bref, insortable je suis. Dans les jardin nous sympathisons avec des bengladais qui enlèvent les fleurs fanées en plein soleil, 6 jardiniers employés à plein temps. Ils ont l'air relativement contents de leur sort.

Visite du souk à nouveau et derrière soirée dans un restau de poissons avec Alessandro et Edo (chouettes cyclotouristes, comme nous, 🤣) après une visite express de la ville avec Mahmood, qui tenait absolument à nous montrer… un mall. Boutiques, neige artificielle ❄️ et même une boutique vendant le parfum Amouage — l’un des plus chers au monde. Pour une cyclotouriste qui en Oman a fait du camping sauvage la plupart du temps, ça fait surtout sourire !
On ne voulait pas décevoir, Mahmood, mais franchement, de la neige dans un centre commercial, ça n’a pas le même charme que des montagnes enneigées. Difficile aussi de lui expliquer que très vite, nous serons sur des skis de rando.
Aujourd’hui, j’hésite à lui envoyer mes dernières photos dans la neige des alpes du Sud (nous avons rejoint les copains comme d'habitude à Chaillol), j’hésite, car dans notre tête le doux rêve de revenir en Oman flotte déjà, léger comme une brise. Alors Mahmood, si un jour on revient te livrer des photos de la « vraie neige », celle qui est loin d’une vitrine « Mont blanc », ce serait vraiment cool, non ?

 

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Voici en bonus, quelques unes de mes photos préférées :

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