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Bali

Les temples ressemblent aux temples de l’Asie en moins bien, les singes ressemblent à tous les singes en plus sympas (normal, ils sont balinais), quand on a vu une rizière, inutile d’en voir une autre sauf si celle-ci est à étages, quand on a déjà vu un bananier, une orchidée, un bougainvillier… Les villes sont bruyantes, avec un trafic monstre, l’architecture ne casse pas des briques. Je veux bien croire que pour celui qui sort de Sarcelles sans n’avoir jamais voyagé de sa vie, ce puisse être le paradis champêtre, mais nous sommes un peu blasés et donc plus difficiles. Malgré tout, il est impossible de ne pas aimer Bali si l’on prend la peine de sortir des zones touristiques principales, de se perdre librement dans les recoins de l’île, de s’intéresser à sa population qui fait le grand écart entre business et traditions. On ne peut qu’être séduits par ce contact chaleureux d’une population ouverte et gaie qui vous démontre que l’humanité n’est pas « grise » partout.

 

De Jimbaran à Ubud.

Nous sommes passés par Jimbaran il y a 15 ans, et en avons toujours gardé la nostalgie. C’est donc tout naturellement notre premier point de chute à Bali. Jimbaran le soir n’a pas trop perdu de sa magie, et comme il y a 15 ans, les tables sont installées sur la plage pour un barbecue géant les pieds dans le sable…ou dans l’eau.

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Dommage que je n'aie pas la photo prise au même endroit il y a 15 ans, pour comparer (Aïe, les rides !)

Nous plions armes et bagages avant l'arrivée des hordes de touristes asiatiques. ll y a une nouvelle classe sociale chinoise un peu friquée qui voyage beaucoup en Asie du sud-est et supplante les touristes « traditionnels » (australiens, japonais, européens…). Ils ont l’arrogance de ceux qui viennent en pays conquis. Les Balinais sont souvent outrés du comportement des touristes chinois. Mais ils apportent les devises… Les Balinais sont tout l’opposé : très respectueux, très polis, toujours souriants, soigneux de leur habillement malgré leurs faibles moyens financiers. Ce sont des gens qui cherchent à communiquer, à partager avec les visiteurs et on a peu de problème à se faire comprendre lorsqu’on maîtrise un peu l’anglais ou la langue du sourire. 

Nous voulons aller à Ubud en bus local, mais on nous propose une voiture avec chauffeur qui nous permettra de visiter en route les fameux temples de Tanah Lot et de Mengwi. Robi est sympa, nous nous laissons faire.

En route, Robi nous propose de faire connaissance avec le café Luwak. Typiquement balinais, ce café étonnant est issu d’un procédé de fabrication très particulier. Des civettes (petit animal entre la fouine et la belette) se nourrissent de baies de café, lesquelles fermentent dans l’estomac de la bête qui défèque ensuite les baies non digérées. Les grains de café sont extraits des baies, puis torréfiés et moulus selon la méthode classique, mais le café qui en est issu est censé avoir un goût très particulier. Nous, on n’a pas trouvé ce café si extraordinaire, c’est à notre avis l’occasion de vendre le café 4 fois plus cher que les autres. (En Australie, il se vend au moins 20 euros la tasse…ma foi, puisqu’il y a des cons qui paient). D’autre part, le flot touristique a dévoyé cette pratique d’origine traditionnelle : pour faire face à une demande grandissante, certains producteurs n’hésitent pas à gaver les civettes sans respect particulier pour les bêtes, celles-ci deviennent folles et malades enfermées toute la journée dans des cages minuscules. On aurait mieux fait de boycotter.

Tanah Lot : un air de Mont-Saint-Michel … en mode balinais. Après avoir traversé les “ruelles” bordées de boutiques, nous dominons l’océan en suivant une allée en corniche qui offre de magnifiques panoramas sur le site, avec de gros rouleaux qui viennent se briser sur le temple. 

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Pura Taman Ayun - Mengwi : le « temple du vaste jardin » est un très beau temple du 17ème siècle, restauré en 1937, entouré de bassins.

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Une petite fringale, et hop un arrêt dans une petite échoppe qui vend le fameux “babi kuling”, spécialité de l’île, cochon rôti à la broche dont on déguste la chair et une partie de la couenne. Une nouvelle assiette payée pas grand-chose, on se régale et c'est super local.

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Ubud :  ville d’art.

Nous profitons aussi de notre séjour à Ubud pour répondre à l’invitation de IIjima, un personnage exceptionnel, de nationalité japonaise. Il nous a abordé en Australie et a été tellement stupéfait de nous voir pédaler là-bas qu’il voulait absolument nous connaitre mieux. Pour le coup, au cours d’un délicieux repas japonais qu’il nous a concocté chez lui, nous avons fait plus ample connaissance. Et il nous a scotchés. Bien qu’il ne parle que quelques mots de français, IIjima est féru de littérature française et de cinéma. Il connait les livres de Camus, de Jean Genet (entre autres) quasi par cœur et peut vous donner tous les détails des films de Godard, Truffaut et j’en passe…Bref, qui sait si nous nous reverrons un jour, mais nous garderons un souvenir ému de cet homme d’une culture inouïe et d’une grande gentillesse, nous sommes bien conscients de la chance que nous avons de faire ce genre de rencontre.

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Nous logeons à Pengosekan (1/2 h à pied du centre-ville), dans une famille adorable, belle chambre, vue sur les cocotiers et les rizières. Nous avons eu la bonne idée de nous poser un peu loin de l’agitation d’Ubud.

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La météo n’étant pas propices aux longues promenades, il tombe un fin crachin, nous visitons 2 musées : le musée A. Blanco et le musée Rana.

Antonio Blanco est un peintre espagnol qui, après avoir séjourné pas mal de temps aux Philippines, est venu finir ces jours à Ubud. À sa mort, en 1999, son incroyable demeure a été transformée en musée. On y découvre son travail tout en admirant ce lieu hors norme où l’excentricité règne. Surnommé le Dali de Bali, à la fois en raison de ses origines, sa personnalité loufoque, son goût pour le beau sexe et la folie surréaliste qui se dégage parfois de son travail, Blanco reste beaucoup moins connu que son collègue malgré une production prolifique.

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Le musée Neka est une merveille. Il permet de bien comprendre l’évolution de la peinture balinaise.

Impossible de tout raconter, mais un tableau nous a particulièrement intéressés, celui de Wayan Bedi, artiste contemporain balinais (tableau nommé Busy Bali) :

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Si de loin, on ne voit qu’un méli-mélo incroyable, il suffit de s’approcher un peu pour s’imprégner des scènes de la vie quotidienne balinaise. On y voitmême des touristes qui photographient par ici un combat de coqs, ou par là une crémation. Les touristes sont tous représentés avec de « longs nez », c’est comme ça qu’on nous appelle en Asie.

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Dans ce musée, sont exposés des chefs d’œuvres d’artistes balinais et étrangers ayant vécu à Bali, certains très largement inspirés par Klimt et Gauguin, mais qu’importe, à chaque fois on sent le souffle d’amour qui est passé entre Bali et l’artiste ! Une salle entière est dédiée à l’artiste hollandais Arie Smit

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Au théâtre ce soir. Le théâtre reste un des rites essentiels de la vie du village balinais car il continue de raconter les mythes et les légendes, en liant la musique, la danse et le chant. Le théâtre balinais, aux frontières du monde magique, passe du drame à l’humour, de la solennité au ridicule, du comique à la beauté. Des danseuses d’une féminité et d’une grâce remarquables portent de luxueux costumes dorés. Elles sont accompagnées d’une musique exécutée par un orchestre gamelan avec tambours, gongs et cymbales. Nous assistons à une représentation de Ramayana, c’est histoire de Rama et Sita. On n’a sûrement pas compris toute l’histoire mais ça implique deux personnages principaux, Rama et Sita, des démons, des dieux, des guerriers, des animaux et bien sûr des princes et des princesses, un kidnapping, un mariage forcé, un long voyage. Nous pensions nous ennuyer, et bien, pas du tout, le jeu de Sita et ses expressions dramatiques nous ont même donné la chair de poule.

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Ubud : monkey forest 

un incontournable à Ubud, pour voir...une multitude de singes dans un joli cadre.

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"cherchez Charlie"

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 Quelques temples autour d’Ubud :

Pura Gunung Kawi de Sebatu. Environnement verdoyant, bassins magnifiques, belle statuaire, les différents pavillons sont mis en valeur par une végétation luxuriante, des fleurs partout. C’est sublime. Vers l’arrière un joli autel s’élève au centre d’un bassin, presque à flanc de falaise.

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Yeh Pulu. Nous sommes au sein de l’ancien royaume de Penjeng . Ce site, peu étendu est connu pour sa fresque sculptée dans la roche, sur une longueur de 25m. L’accès est très agréable, par un petit chemin ombragé de hauts cocotiers, le long de rizières. La fresque aurait été réalisé par un artiste unique au 14ème siècle. Elle représente des scènes de vie quotidienne et des combats contre les démons. Ganesh, le dieu a tête d’éléphant, veille sur le site.

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Pura Mengening :

Temple hindouiste parmi tant d’autres, celui-ci est peu connu, l’entrée au site ne paie pas de mine, la donation est libre et les « gardiens » nous prêtent des sarongs

Plantons le décor : au fond de la petite vallée jaillit une fontaine sacrée qui dessert ensuite plusieurs bassins par un système de cascades et de canaux successifs. Le bruit de l’eau berce notre visite, et lorsque nous descendons au plus profond du vallon, sous ces arbres immenses et entourés d’une végétation luxuriante nous avons l’impression d’être les premiers découvreurs des lieux.

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Un joli sourire, comme un témoignage de la gentillesse des balinais. Une sympathique jeune femme portant une corbeille d'offrandes est tout simplement venue la déposer sur un petit autel, afin de vénérer les dieux : des fleurs posées sur des feuilles de palmiers tressées et quelques bâtons d'encens, ils se consument lentement laissant échapper de fines colonnes de fumées qui embaument l'atmosphère. Elle ira ensuite s’immerger dans la source pour se purifier.Plusieurs groupes se succèdent, tous apportent des offrandes.  

Une scène presque banale à Bali, tant l'observation du rituel des offrandes aux divinités est si courante et en tous lieux : dans les temples bien sûr mais aussi autour des sanctuaires, au bord des routes et des rues, dans les champs et jusque dans les modestes autels présents presque dans chaque cour d'habitation.

 

Munduk : cascades et rizières...Balades au milieu des caféiers et girofliers, pour le plaisir des yeux.

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Et enfin, la mer, à Permuteran sur la côte nord et à Amed sur la côte est.

Le jour, c'est bien, au coucher du soleil c'est mieux, et dans l'eau, c'est...extraordinaire. Nous avions prévu de faire un tour aux îles Gili, mais l'ambiance à Amed (au Barracuda, le top des bars, puis à Lipah) nous a scotchés là. Surprenant pour nous qui aimons bouger. 

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palmes, tuba, et hop dans l'eau, c'est comme un aquarium géant !

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Et si le snorkeling ne vous suffit pas, vous pouvez aussi plonger avec bouteille :

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Nous avons été plongés pendant 3 semaines « en plein luxe », c’est-à-dire dormant dans une chambre avec interrupteurs, lit, draps (plus de tente, ni sac de couchage). Je ne sais pas pourquoi mais dormir dans un vrai lit avec une lampe de chevet sans avoir à ramper dans le noir pour aller se coucher, prendre son petit dej assis sur une chaise, avoir une salle de bain où poser son bazar, quelquefois, ça a du bon ! Tout cela va prendre fin avec notre retour en Australie

Exit les offrandes devant sa porte, les délicieux petits plats qui arrivent dans son assiette sans que l’on ait à les cuisiner, la mer ou les rizières devant la chambre. Nous avons coulé des jours exquis à Bali et serions bien restés encore un peu, on l'avoue.

Mais, à vrai dire, ce confort ne suffit pas à nous maintenir en place trop longtemps. C’est donc sans trop de regrets que nous prenons notre envol.

et si cela vous dit, on vous emmène   sur le volcan kawa ijen. suffit de cliquer.

Kawah Ijen Blue Fire